Adobe veut apporter du marketing digital dans votre voiture

Adobe veut apporter du marketing digital dans votre voiture

Par Nicolas Schiavon – Mise à jour : 31 août 2026

Adobe veut apporter du marketing digital dans votre voiture, mais l’idée est plus large que l’affichage de publicités sur un tableau de bord. Depuis son annonce de 2017, l’éditeur cherche surtout à relier les signaux de la voiture connectée au reste du parcours client : site web, application mobile, concession, après-vente, contenus embarqués et services. Cette évolution prolonge le marketing digital automobile dans un nouveau point de contact, avec une exigence supérieure en matière de sécurité, de contexte et de consentement.

Réponse courte : Adobe fournit aux constructeurs et aux marques une infrastructure pour analyser des interactions, unifier des profils, choisir un contenu ou un service pertinent, le diffuser sur le bon canal et mesurer le résultat. La voiture peut faire partie de ce dispositif, mais elle ne doit jamais devenir un écran publicitaire intrusif ni détourner l’attention du conducteur.

Pour comprendre la mission d’Adobe, il faut retenir cinq idées :

  • la voiture connectée produit des signaux utiles, comme le kilométrage, l’usage d’une fonctionnalité, une interaction vocale ou un besoin de recharge ;
  • Adobe ne remplace pas le système d’exploitation du véhicule : ses solutions interviennent autour des données, du contenu, de la personnalisation, de l’orchestration et de la mesure ;
  • les meilleurs cas d’usage rendent d’abord service au conducteur ou au propriétaire ;
  • la pertinence dépend d’une identité fiable, d’une donnée à jour et d’une coordination entre constructeur, concessionnaire et partenaires ;
  • en Europe, le RGPD, ePrivacy, les recommandations de la CNIL et le Data Act encadrent directement la collecte et l’utilisation de ces données.

Ce qu’Adobe annonçait réellement en 2017

En septembre 2017, Adobe a présenté de nouvelles capacités d’Adobe Experience Cloud destinées aux voitures connectées. L’annonce reposait sur trois familles de fonctions : mieux mesurer le comportement dans l’habitacle, personnaliser les contenus et messages, puis automatiser certaines publicités audio. Adobe Sensei, le nom alors donné à la couche d’intelligence artificielle et de machine learning de l’éditeur, devait aider à analyser les signaux et à recommander l’action la plus pertinente.

Les exemples avancés à l’époque étaient concrets :

  • mesurer des interactions avec l’infodivertissement, des choix de musique ou des commandes vocales ;
  • proposer un restaurant en fonction de la position et de préférences déclarées ;
  • diffuser des informations, de la musique ou une offre adaptée dans l’interface du véhicule ;
  • personnaliser une publicité audio, puis coordonner la suite du parcours sur la vidéo, le display, les réseaux sociaux ou la recherche.

L’annonce n’était pas isolée. En octobre 2017, Adobe a rejoint Automotive Grade Linux, projet open source hébergé par la Linux Foundation pour accélérer les plateformes logicielles de voitures connectées. Cette adhésion constitue une preuve de travail avec l’écosystème automobile, mais pas la preuve que toutes les fonctions décrites ont été déployées dans tous les véhicules. Automotive Grade Linux a confirmé l’arrivée d’Adobe parmi ses membres.

Adobe n’est pas le système d’exploitation de la voiture

Le rapprochement avec Google ou Automotive Grade Linux peut induire en erreur. Un système d’exploitation automobile gère l’environnement logiciel embarqué et ses interfaces. Adobe se positionne principalement sur une autre couche : collecte et normalisation des événements, profil client, décision, contenu, orchestration multicanale et analyse. Le constructeur ou le développeur doit donc intégrer ces briques à son architecture ; Adobe ne transforme pas seul un véhicule en canal marketing.

CoucheRôleExemple
Système embarquéFait fonctionner l’interface et les applications du véhicule.Infodivertissement, navigation, commandes.
Données et identitéRelie les événements autorisés à un véhicule, un compte ou un profil.Kilométrage, usage d’une fonction, historique de service.
Décision et contenuChoisit le message, le service ou la recommandation pertinente.Rappel de recharge, tutoriel, offre après-vente.
MesureAnalyse la progression entre les points de contact.Activation, rendez-vous, rétention, désabonnement.

Pourquoi le sujet est devenu stratégique : deux statistiques

La voiture connectée n’est plus un scénario marginal. Toutefois, la multiplication des véhicules connectés ne garantit pas que les marques savent exploiter leurs données. Les deux chiffres suivants résument cette tension entre potentiel et maturité.

StatistiqueCe qu’elle signifiePérimètre
95 %Part projetée des véhicules neufs vendus dans le monde qui seront connectés en 2030.Projection McKinsey publiée en 2023 ; ce n’est pas un volume de véhicules déjà connectés.
4 %Part des entreprises automobiles interrogées déclarant disposer de données clients pleinement intégrées et accessibles.Étude Adobe 2025 auprès de 560 dirigeants automobiles dans neuf marchés ; résultat déclaratif et non spécifique à la France.

Mon analyse : l’opportunité ne vient pas d’une pénurie de données, mais de la capacité à en faire un service cohérent. Une marque qui collecte davantage sans unifier l’identité, les consentements, les contenus et la mesure augmente surtout son risque opérationnel.

Comment le marketing Adobe dans une voiture connectée peut fonctionner

La logique peut être décrite comme une chaîne de décision. La documentation automobile d’Adobe mise à jour en avril 2026 explique qu’Adobe Experience Platform peut regrouper les interactions des concessionnaires, la recherche en ligne, les dossiers de service et les systèmes de voitures connectées dans une vue unifiée du propriétaire. Cette vue sert ensuite à personnaliser le parcours depuis la recherche du véhicule jusqu’au service et à la fidélité.

Un scénario robuste suit six étapes :

  1. Définir le service et la finalité. La marque précise pourquoi le signal est nécessaire et quel bénéfice l’utilisateur reçoit.
  2. Identifier correctement le contexte. Elle distingue le véhicule, le propriétaire, le conducteur, le passager et le mode invité, avec les autorisations appropriées.
  3. Collecter le minimum utile. L’événement peut être un seuil de kilométrage ou l’activation d’une fonction, sans aspirer toutes les données brutes du véhicule.
  4. Unifier et gouverner. Les événements autorisés rejoignent un schéma commun avec les préférences, l’historique et les règles de consentement.
  5. Décider du bon canal et du bon moment. Le moteur choisit entre l’écran embarqué, la voix, l’application, l’e-mail ou l’absence de message.
  6. Mesurer l’effet. L’équipe suit l’action utile, la satisfaction et les signaux négatifs, idéalement avec un groupe témoin.
SignalTraitement possibleSortie utile
Kilométrage ou télématiqueDétecter qu’un intervalle d’entretien approche.Rappel et rendez-vous prérempli dans l’application.
Achat récent d’un véhicule électriqueIdentifier le stade post-achat et les besoins d’accompagnement.Conseils de recharge, itinéraire vers une borne, fonctions de l’application.
Fonction disponible mais inactiveVérifier la compatibilité et l’absence d’usage.Tutoriel ou invitation d’activation au moment opportun.
Recherche web et visite en concessionRéconcilier les interactions avec une identité consentie.Suivi cohérent sans répéter une offre déjà traitée.
Interaction dans l’infodivertissementAnalyser un événement agrégé plutôt qu’une donnée brute si cela suffit.Amélioration de l’interface ou contenu adapté.

Référence : Adobe Experience League, Cas d’utilisation dans le secteur automobile, mise à jour le 6 avril 2026.

Quelles données peuvent alimenter l’expérience ?

Les données pertinentes ne se limitent pas au comportement dans l’habitacle. Elles couvrent plusieurs systèmes et doivent rester proportionnées à la finalité. Dans la pratique, je distingue les catégories suivantes :

  • Données du véhicule : kilométrage, état d’une fonctionnalité, version logicielle, événements de maintenance ou de recharge.
  • Données d’interaction : usage de l’infodivertissement, activation d’un service, clic ou réponse à un message.
  • Données de contexte : position, moment, statut du trajet ou disponibilité d’une borne, lorsque ce contexte est nécessaire et autorisé.
  • Données de relation client : achat, financement, garantie, rendez-vous, dossier de service, préférence de canal et consentements.
  • Données digitales : recherche sur le site, configuration d’un modèle, application mobile, e-mail et interactions publicitaires.
  • Données du réseau : stock, capacité d’atelier, horaires, disponibilité des pièces et règles commerciales du concessionnaire.

La donnée la plus détaillée n’est pas toujours la meilleure. Pour déclencher un rappel d’entretien, un événement indiquant qu’un seuil est atteint peut suffire ; il n’est pas forcément nécessaire de conserver une trace exhaustive de chaque déplacement. Pour une commande vocale, une intention structurée peut parfois être préférable à l’enregistrement ou à la conservation de l’audio brut. La minimisation réduit le risque tout en améliorant la lisibilité du système.

Les cas d’usage : rendre service avant de vendre

Je classe les cas d’usage selon une règle simple : la valeur pour l’utilisateur doit être évidente avant la valeur pour l’annonceur. Les communications les plus solides résolvent une situation réelle, puis facilitent une action.

Cas d’usageMoment et canalKPI principalRisque à éviter
Recharge d’un véhicule électriqueAlerte utile, voix ou navigation ; suivi dans l’application.Action vers une borne ou consultation du guide.Recommandation sponsorisée non signalée ou détour inutile.
Entretien prédictifAprès détection d’un seuil ; prise de rendez-vous hors phase de conduite.Rendez-vous confirmé et taux de présence.Diagnostic trop affirmatif ou atelier indisponible.
Activation d’une fonctionAprès achat, lorsque la fonction est compatible et encore inutilisée.Taux d’activation et usage durable.Relances répétées pour une fonction non désirée.
Contenu et infodivertissementPassager, véhicule à l’arrêt ou interaction vocale courte.Usage utile, satisfaction, faible taux de sortie.Surcharge visuelle et distraction.
Accessoires ou service après-venteApplication, e-mail ou étape post-trajet.Conversion incrémentale et compatibilité produit.Produit incompatible ou pression commerciale.
Fidélité et abonnementAvant échéance, selon l’usage réel et les avantages disponibles.Renouvellement incrémental et rétention.Conflit entre offre constructeur et concessionnaire.

Pour un constructeur, ces scénarios prolongent une stratégie de marketing digital pour constructeur automobile. Pour un distributeur, ils n’ont de valeur que si le stock, l’atelier, le CRM et le suivi commercial sont reliés. C’est le même principe que dans le marketing digital pour les concessionnaires automobiles : le message doit mener vers une expérience réellement disponible.

Les preuves que la vision ne s’est pas arrêtée à 2017

Une mise à jour crédible doit séparer la vision initiale des éléments vérifiables apparus ensuite. La chronologie suivante montre la continuité du sujet, tout en évitant de présenter une annonce commerciale comme un résultat mesuré.

DateÉlément vérifiableCe que cela prouve – et sa limite
2017Adobe décrit l’analyse des interactions, la personnalisation de contenu et la publicité audio pour la voiture connectée ; Adobe rejoint AGL.Intention produit et coopération avec l’écosystème. Pas un déploiement universel.
2019Adobe présente Customer Journey Analytics pour rapprocher web, application, concession, télématique et usage de l’unité centrale.Architecture d’analyse cross-canal. Article fournisseur, sans audit indépendant de ROI.
Mars 2023General Motors sélectionne Real-Time CDP, Journey Optimizer et Customer Journey Analytics.Adoption par un grand constructeur et cas post-achat, notamment la recharge. Résultats financiers non publiés dans l’annonce.
Juillet 2023smart Europe utilise plusieurs solutions Adobe pour sa plateforme et son parcours omnicanal.Usage sur vente, contenu et relation client. Ce cas dépasse l’écran embarqué.
Avril 2026Adobe documente des cas automobiles : entretien, reprise, fidélité, garantie, activation de fonctions connectées et coordination réseau.Le sujet reste actif dans la documentation actuelle. Les impacts indiqués sont des objectifs de cas d’usage.

Ces sources démontrent une continuité entre l’idée de 2017 et les offres actuelles de parcours client automobile. Elles ne démontrent pas que la publicité embarquée est devenue courante, acceptée par tous les conducteurs ou rentable dans tous les contextes. C’est pourquoi je privilégie les preuves d’usage et les bénéfices opérationnels plutôt que la promesse d’un nouvel inventaire publicitaire.

Publicité embarquée ou service personnalisé ?

Le mot « marketing » peut laisser penser que l’objectif est d’occuper chaque minute passée en voiture avec une promotion. Ce serait une mauvaise lecture. Le véhicule est un environnement de sécurité, souvent partagé, dans lequel le contexte change rapidement. La Commission européenne rappelle d’ailleurs que l’interaction avec les systèmes d’infodivertissement fait partie des sources courantes de distraction au volant.

SituationExpérience à privilégierExpérience à éviter
Conducteur en mouvementInformation brève, utile, priorisée ; voix si elle réduit l’interaction visuelle.Promotion visuelle, choix complexe, répétition ou bouton demandant une manipulation.
Passager identifiéContenu plus riche sur un écran dédié, selon les préférences et le consentement.Réutiliser le profil du conducteur ou exposer des données personnelles.
Véhicule à l’arrêtTransaction, réservation, configuration ou explication détaillée.Supposer que le véhicule restera arrêté pendant toute l’interaction.
Après le trajetPoursuite sur l’application, l’e-mail ou le site avec le contexte nécessaire.Redemander des informations déjà connues ou envoyer plusieurs relances concurrentes.

Source sécurité : Observatoire européen de la sécurité routière, Driver Distraction.

Règle éditoriale et produit : si le message n’a pas une raison précise d’être délivré maintenant et dans la voiture, il doit attendre un canal moins intrusif. L’absence de message est une décision de personnalisation à part entière.

RGPD, ePrivacy, CNIL et Data Act : les garde-fous

Les données d’un véhicule peuvent révéler des trajets, des lieux fréquentés, des habitudes, des centres d’intérêt et des relations entre plusieurs personnes. Lorsqu’elles sont reliées à un conducteur, un propriétaire ou un compte, elles relèvent souvent des données personnelles. La conformité ne se résume donc pas à une case d’acceptation au premier démarrage.

En juin 2026, la CNIL a publié une recommandation spécifique à l’utilisation des données de localisation des véhicules connectés. Elle indique que le consentement à l’utilisation de la localisation est requis, sauf lorsque cette donnée est nécessaire à un service expressément demandé par l’utilisateur. Elle insiste aussi sur la transparence, la minimisation, la sécurité, la durée de conservation et la gestion des droits dans un véhicule utilisé par plusieurs personnes.

Pour un dispositif de marketing embarqué, je recommande au minimum de :

  • décrire chaque finalité avant la collecte et choisir une base légale adaptée ;
  • séparer le service nécessaire de la personnalisation ou de la prospection facultative ;
  • recueillir un consentement spécifique lorsque la localisation est utilisée à des fins marketing ;
  • proposer des profils authentifiés, un mode invité et une déconnexion à distance ;
  • empêcher qu’un locataire, un acheteur d’occasion ou un autre conducteur accède aux données du précédent utilisateur ;
  • limiter les données, les destinataires et la durée de conservation ;
  • rendre les choix compréhensibles dans le véhicule et dans l’application ;
  • documenter les rôles du constructeur, du concessionnaire, d’Adobe et des partenaires, sans présumer qu’ils sont identiques dans tous les projets ;
  • évaluer les risques de cybersécurité et de mise à jour logicielle sur toute la durée de vie du véhicule.

Le Data Act, applicable dans l’Union européenne depuis le 12 septembre 2025, donne aux utilisateurs de produits connectés davantage de contrôle sur les données qu’ils contribuent à générer et prévoit des mécanismes d’accès et de partage avec des tiers. Il peut favoriser l’entretien, la réparation et de nouveaux services. Il n’autorise pas automatiquement une utilisation marketing : le RGPD et les autres règles de protection des données continuent de s’appliquer lorsqu’il s’agit de données personnelles.

Références : CNIL, recommandation sur la localisation des véhicules connectés ; Commission européenne, Data Act explained ; CEPD, lignes directrices 01/2020.

Cette synthèse est informative. Les choix de base légale, de responsabilité et de consentement doivent être validés pour chaque architecture, chaque pays et chaque finalité.

Quels modèles économiques et quels KPI ?

Adobe imaginait de nouveaux revenus liés aux services numériques, au contenu et à la publicité. En pratique, la valeur peut venir de plusieurs sources : abonnement à une fonction, entretien et pièces, accessoires, renouvellement de garantie, fidélité, recommandation de partenaires ou réduction du coût de service. La mesure doit toutefois distinguer corrélation et incrément.

ObjectifKPI utileMéthode de mesureGarde-fou
Activer une fonctionTaux d’activation parmi les véhicules éligibles.Exposition, activation et usage durable, avec groupe témoin.Exclure les véhicules incompatibles et les refus explicites.
Générer un rendez-vousRendez-vous confirmés et honorés.Relier message, réservation, présence et ordre de réparation.Tenir compte de la capacité réelle de l’atelier.
Renouveler un serviceRétention incrémentale et marge.Comparer cohortes exposées et non exposées.Mesurer aussi les résiliations et plaintes.
Recommander un partenaireAction utile et satisfaction, pas seulement le clic.Tracer la recommandation, la conversion et le retour client.Signaler le caractère sponsorisé et proposer un choix.
Améliorer l’expérienceTaux d’erreur, sortie, désactivation et satisfaction.Analyse par contexte, version logicielle et profil.Ne pas optimiser l’engagement au détriment de la sécurité.

L’enjeu est proche du problème plus large de l’attribution dans le marketing automobile : une impression ou un clic ne prouve pas qu’un message a créé une vente, un passage en atelier ou une fidélité supplémentaire. Les identifiants consentis, les groupes témoins et le rapprochement avec les résultats commerciaux sont indispensables.

Les limites et les scénarios d’échec

Une voiture connectée n’est pas automatiquement un bon canal marketing. Plusieurs causes peuvent faire échouer le projet, même avec une technologie performante :

  • Identité erronée : un véhicule partagé attribue une interaction au mauvais profil et déclenche un message indiscret.
  • Données fragmentées : le constructeur, la captive financière, l’application et le concessionnaire contactent le même client sans coordination.
  • Mauvais moment : une offre commerciale interrompt une manoeuvre, un itinéraire ou une alerte plus importante.
  • Effet de surveillance : la recommandation révèle une précision que l’utilisateur ne s’attendait pas à voir utilisée.
  • Qualité insuffisante : une pièce, une borne, un tarif ou un créneau n’est plus disponible au moment où il est proposé.
  • Conflit de réseau : une offre constructeur concurrence une campagne locale ou oriente le client vers le mauvais point de vente.
  • Surface d’attaque : chaque intégration supplémentaire accroît les exigences de sécurité, de contrôle des accès et de mise à jour.
  • Valeur inférieure au smartphone : le service embarqué reproduit une application existante sans simplifier la tâche ni améliorer la sécurité.

Ces limites prolongent la transformation digitale du secteur automobile : la technologie ne crée de valeur que si l’organisation, les responsabilités, les données et l’expérience physique évoluent ensemble.

Ce que je recommande aux constructeurs et aux concessionnaires

Je ne commencerais pas par vendre un espace publicitaire dans la voiture. Je commencerais par un cas d’usage de service, limité, mesurable et réversible. Voici l’ordre de travail que je recommande :

  1. Choisir un problème client concret, par exemple l’activation d’une fonction ou la prise de rendez-vous d’entretien.
  2. Cartographier les utilisateurs réels du véhicule : propriétaire, conducteur secondaire, passager, locataire, acheteur d’occasion et mode invité.
  3. Définir les données strictement nécessaires, les consentements, les durées de conservation et les responsables.
  4. Relier le véhicule au CRM, au DMS, au stock, à la capacité atelier et aux préférences de canal avec des règles de qualité.
  5. Créer une règle d’arbitrage qui place sécurité et messages de service avant toute communication commerciale.
  6. Préparer des contenus courts, exacts, compatibles avec chaque modèle et faciles à poursuivre sur l’application ou le site.
  7. Piloter sur un périmètre réduit avec groupe témoin, critères d’arrêt, journal des incidents et suivi des désactivations.
  8. Étendre seulement si la valeur incrémentale, la satisfaction, la sécurité et la conformité sont démontrées.

Pour réussir ce type de parcours, le véhicule ne peut pas être traité séparément du site, du contenu et de la conversion locale. Une création de site internet automobile bien structurée doit permettre de reprendre l’action commencée dans la voiture : choisir une concession, vérifier un service, réserver un rendez-vous ou retrouver une recommandation.

Mon verdict : ce qu’Adobe apporte vraiment dans la voiture

Oui, Adobe veut apporter du marketing digital dans votre voiture. Mais le terme « marketing » doit être compris comme la gestion d’une expérience client connectée, et non comme une simple invasion publicitaire de l’habitacle. La vision initiale associait mesure, personnalisation, contenus et publicité audio. Les preuves plus récentes montrent surtout une évolution vers l’unification des données, l’orchestration du parcours, l’après-vente, la recharge, l’activation de fonctionnalités et la fidélité.

La technologie est crédible ; son acceptabilité dépend de l’exécution. Le bon dispositif sait qui utilise le véhicule, pourquoi une donnée est nécessaire, quand un message doit être différé et comment mesurer un bénéfice réel. Dans un environnement aussi intime et sensible que la voiture, la confiance n’est pas une contrainte secondaire : elle est le produit.

Questions fréquentes sur Adobe et le marketing digital dans votre voiture

Adobe diffuse-t-il directement des publicités dans les voitures ?

Pas nécessairement. Adobe fournit des outils d’analyse, de données, de contenu, de décision et d’orchestration que des constructeurs, marques ou développeurs peuvent intégrer. La partie qui décide des finalités, du canal, du message et des données dépend du projet et des contrats. L’annonce de 2017 incluait la publicité audio, mais les cas d’usage actuels dépassent largement la publicité.

Qu’est-ce qu’Adobe Sensei dans ce contexte ?

Adobe Sensei était le nom utilisé pour les capacités d’intelligence artificielle et de machine learning intégrées aux produits Adobe. Dans la vision de 2017, ces capacités devaient analyser des comportements et aider à choisir des recommandations ou des contenus. Aujourd’hui, il est plus précis de décrire la fonction concrète – analyse, segmentation, décision ou recommandation – que de s’arrêter au nom de la couche d’IA.

Quelles données une voiture connectée peut-elle utiliser pour personnaliser un message ?

Selon l’architecture et les autorisations : kilométrage, état d’une fonction, version logicielle, historique de service, événement de recharge, interaction avec l’infodivertissement, données de compte, préférence de canal ou contexte de localisation. La collecte doit rester nécessaire, proportionnée, transparente et sécurisée.

Le consentement est-il obligatoire pour utiliser la localisation ?

Pour une utilisation marketing de la localisation, la recommandation CNIL publiée en juin 2026 indique que le consentement est requis. Une exemption peut exister lorsque la donnée est nécessaire à un service expressément demandé. Chaque finalité doit être analysée séparément ; le fait qu’une voiture soit connectée ne vaut pas consentement général.

Adobe est-il un concurrent de Google dans la voiture ?

Les offres peuvent se croiser sur la donnée, les services et l’expérience, mais elles n’occupent pas exactement la même couche. Adobe ne se présente pas comme le système d’exploitation du véhicule. Il apporte surtout des capacités de profil, de contenu, d’orchestration et de mesure qui doivent s’intégrer aux plateformes embarquées et aux autres systèmes du constructeur.

Quel intérêt pour un concessionnaire automobile ?

Un concessionnaire peut recevoir des demandes mieux contextualisées, préremplir un rendez-vous, préparer la bonne pièce, coordonner une offre après-vente ou éviter une relance inutile. Il faut toutefois une intégration fiable avec le CRM, le DMS, le planning atelier, le stock et les règles du constructeur.

Le marketing dans la voiture est-il déjà généralisé ?

Non. Les sources montrent des capacités disponibles, des partenariats, des cas clients et des scénarios documentés. Elles ne prouvent pas une adoption uniforme dans le parc automobile. La maturité varie selon les marques, les modèles, les pays, les systèmes embarqués et les règles de données.

À propos de l’auteur

Je suis Nicolas Schiavon, fondateur de Metadosi, consultant SEO et spécialiste du marketing automobile depuis plus de vingt ans. J’analyse ici l’annonce Adobe avec un prisme opérationnel : relier la technologie au parcours client, aux contraintes des constructeurs et des réseaux de distribution, à la mesure des résultats et à la confiance des utilisateurs.

Note de transparence et méthode

Cette mise à jour s’appuie d’abord sur des sources primaires : annonces et documentation Adobe, Automotive Grade Linux, CNIL, Comité européen de la protection des données et Commission européenne. Les études de cas Adobe prouvent l’existence de relations et de mises en oeuvre déclarées, pas un ROI audité de manière indépendante. Les deux statistiques sont présentées avec leur date, leur périmètre et leur nature afin d’éviter de les généraliser au marché français sans précaution.

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